lundi 28 mars 2011
Comment diable cette histoire a-t-elle commencé?
lundi 14 mars 2011
Minouchka et le Big Bang
Ce matin, au réveil, surprise ! Nous avions une visiteuse : la petite femme de mon petit bonhomme était là, Minouchka, occupée à le frotter et le bichonner pour le soulager de toutes ces bosses et écorchures qu’il s’était infligées en dégringolant de ses échelles. Lui, de son côté, ne cessait de me lancer des regards soupçonneux. «Bon, lui lança-t-elle, décide-toi et dis-lui ce qui te turlupine.»
«C’est cette histoire de Big Bang que j’ai de travers dans la gorge, me lança-t-il, me défiant des yeux.
- …..
- D’abord, quand a-t-il eu lieu ce fameux feu d’artifice ?
- Il ya 14,7 milliards d’années, nous disent les astrophysiciens.
Là, c’est Minouchka qui, après un moment de silence, est intervenue :
- Je veux bien mais que se passait-il, disons il ya quinze milliards d’années ?
- Ta question, je le regrette, ma chère Minouchka, n’a pas de sens.
- Pas de sens ? me répliqua-t-elle. Comment ça pas de sens ?
- Bon, regardons le phénomène du Big Bang en deux temps : pour qu’il y ait explosion, il fallait d’abord un pétard. Ce qu’on appelle le Big Bang, ce n’est pas le pétard lui-même mais l’incroyable déflagration causée par le pétard. En d’autres mots, le Bang est survenu après l’apparition du pétard. Me suis-tu ?
- Oui, mais d’où venait-il ce pétard ?
- Là, c’est la question à un milliard de dollars. On ne le sait pas. On spécule sur ce que certains appellent «un vide rempli d’énergie» ou l’apparition inexplicable d’une infiniment petite particule d’une densité et d’une chaleur inimaginables qui auraient, l’un ou l‘autre, provoqué l’explosion mais, en fait, on est devant un mur qu’on ne pourra probablement jamais traverser pour voir ce qu’il y a de l’autre côté. C’est ce qu’on appelle «le mur de Planck» du nom du scientifique qui en a avancé l’idée.
Minouchka mijota un moment mes propos mais, sous les yeux médusés de son petit bonhomme de mari, revint à la charge :
- Pourquoi dites-vous que ma question n’a pas de sens lorsque je vous demande ce qui se passait il y a quinze milliards d’années ?
- Parce que ce que j’appelle le pétard, c’est l’apparition inexplicable de l’univers, le mystérieux moment zéro. Et, avant cette apparition, le temps n’existait pas. Le temps est né avec l’apparition de l’univers. Pas d’univers, pas de temps.
- Voyons donc, est alors intervenu mon petit bonhomme, comme si le temps pouvait ne pas exister. Je sens que tu vas me sortir que c’est parce que les calendriers et les horloges n’avaient pas encore été inventés.
- Pas du tout. C’est tout simplement parce que, avant le Big Bang, le temps n’existait pas, point à la ligne.
Mon petit bonhomme, exaspéré, détourna la tête en expirant bruyamment.
Minoucka a cessé un moment de frotter son bonhomme et m’a lancé un regard étonné mais n’a pas pipé mot.
- Le temps, dis-je, n’est qu’une mesure entre deux événements. S’il n’y a pas d’événement, il n’y a pas de temps.
- Répète ça pour voir, dit le petit bonhomme.
- Supposons que, par la pensée, nous nous retrouvions, toi et moi, dans le néant. Un néant absolu. Il n’y a rien et ne se passe rien. Même toi et moi n’y sommes que par la pensée. Nous n’avons donc aucun moyen de mesurer le temps car il ne se passe rien, absolument rien. Nous n’avons pas d’horloge pour calculer le temps qui passe, ni de cœur pour en calculer les battements car nous ne sommes même pas là en personne, nous n’y sommes que par la pensée. Donc, où que se porte notre pensée, il ne se passe rien. Nous n’avons aucun repère pour mesurer le temps.
Je les laissai un instant mijoter ce que je venais de dire, puis continuai :
- Ce qu’il faut bien voir ici c’est que le temps n’est qu’un moyen de mesurer la distance en heures, en minutes, en secondes, etc. entre deux événements. En somme, le temps n’existe pas en soi. Le temps n’est pas une chose qui se promène sur la rue. Il n’est qu’une unité de mesure inventée par notre esprit pour mesurer l’espace temporel entre des événements. Me comprenez-vous bien ?
Lui, je ne sais pas. Mais, Minouchka, elle, semblait avoir bien saisi l’idée. Je me tournai alors vers elle et continuai :
- De sorte que lorsque tu me demandes ce qui se passait il y a quinze milliards d’années et que je te dis que ta question n’a pas de sens c’est parce que le temps n’a commencé d’exister qu’avec le pétard de l’apparition de l’univers, il y a 14,7 milliards d’années.
Un sonore et perplexe «Mouais !» fut la seule réponse de mon petit bonhomme. Je me tus pour le laisser digérer cette notion quelque peu indigeste du temps.
……….
- Bon, très bien, reprit mon petit bonhomme : parler du moment où est survenu le Big Bang n’a pas de sens. Mais sait-on, à tout le moins où est survenue cette fameuse déflagration, à quel endroit dans l’espace ?
Je réfléchis un petit moment et leur proposai de faire une pause et d’aller grignoter une tartine et boire un café. Car, leur dis-je, il faudrait mieux laisser cette notion de temps faire son chemin dans leurs cerveaux avant de s’attaquer à la notion d’espace qui risquait, elle aussi, d’ébranler leurs convictions de toujours.
On aura beau déblatérer sur toutes ces compagnies internationales qui envahissent nos pays. Le café chez Tim Horton’s est vraiment bon. On nous garantit même que celui qu’on nous sert a été préparé dans les dix minutes qui précèdent. Eux au moins savent ce qu’est le temps.
lundi 7 mars 2011
Le Big Bang
Au chapitre 3, on a vu que j’ai promis à mon petit bonhomme de lui conter la merveilleuse et véridique histoire de l’apparition de l’homme sur la Terre. Alors, je lui ai tiré un petit banc et l’ai prié de s’y asseoir car la longue histoire que j’avais à lui raconter risquait de le faire basculer encore une fois.
On persistait toutefois à croire que ces milliards de galaxies étaient figées à tout jamais dans l’Univers. Mais, en 1929, notre ami Hubble, l’œil rivé toutes les nuits sur son télescope du Mont Wilson,[i] fit une découverte encore plus stupéfiante : les galaxies bougeaient ! Plus que ça : elles étaient en fuite, s’éloignant l’une de l’autre à des vitesses folles. Comme des pestiférées. Tous les savants en tombèrent de leurs chaises.[ii] Même le grand Einstein en fut complètement décontenancé, lui qui tenait mordicus à l’immobilité des galaxies.
Étrangement, sur le coup, on ne se posa pas tellement la question qui nous vient à l’esprit : d’où étaient-elles donc parties pour se fuir ainsi ?
Il faut dire ici que, avant même que Hubble découvre la fuite des galaxies, le physicien et mathématicien russe Alexandre Friedmann, se basant sur les équations d’Einstein, avait avancé, dès 1922, l’hypothèse d’un univers en expansion, ce qui l’amena dans une violente controverse avec Einstein lui-même qui tenait mordicus à son univers statique jusqu’à ce que la découverte de Hubble lui ouvrît les yeux.
Puis, indépendamment des travaux de Friedmann, et avant la découverte de Hubble, le chanoine Georges Lemaître, astronome et physicien belge, avait affirmé à son tour, en 1927, que l’univers était en expansion. Il avait même proposé une évolution de l’univers à partir d’un «atome primitif». On voit ici se pointer le nez de ce que le cosmologiste britannique, Fred Hoyle, appelait par dérision le «Big Bang», lui qui était un détracteur à tout poil de cette théorie.
Un autre important joueur entre alors en scène pour supporter la théorie de l’atome primitif, dès lors appelé le Big Bang : le scientifique américano-russe George Gamov.
Ici, mon petit bonhomme qui n’avait cessé de me regarder de ses grands yeux, m’interrompit :
- Hop-là ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de Big Bang ? Êtes-vous en train de m’emberlificoter dans des explications soi-disant scientifiques pour me faire oublier mes chers Adam et Ève ?
- Mais non, mais non. Le Big Bang c’est comme une grenade : si on filme la grenade au moment de son explosion, on voit alors les pièces se répandre de toutes parts. Si maintenant, on tourne le film à l’envers, ont voit les pièces se rassembler dans la grenade redevenue compacte. On s’est dit que, de la même façon que les pièces de la grenade, les galaxies qui se fuient les unes les autres ont bien dû, à un moment donné, être rapprochées les unes des autres.
- Mais, combien rapprochées ?
- C’est ici, mon bonhomme, que l’on entre dans l’incroyable : suivant la théorie du Big Bang, toute la matière de l’Univers, galaxies, étoiles, planètes, plantes, animaux, humains, et aussi toute l’énergie que recèle l’Univers d’aujourd’hui, tout, tu m’entends, absolument tout, serait parti d’un point zéro ! Aussi bien dire de rien. Et ce rien, une infiniment petite particule ou peut-être une parcelle d’énergie, (sait-on ?) aurait explosé pour créer tout l’univers. C’est rien de moins que le truc du magicien qui fait sortir de son chapeau, abracadabra, un lapin qui n’était pas là la minute d’avant.
Le petit bonhomme leva vers moi un œil sceptique et me lança :
- C’est un bien petit chapeau pour un si gros lapin, me fit-il remarquer avec beaucoup d’à-propos.
- Oui, tu as bien raison et c’est pourquoi, malgré la découverte faite par Hubble d’un univers en fuite, on n’arrivait pas à croire que toute la matière et toute l’énergie de notre immense Univers seraient issues d’un rien ou d’un presque rien des milliards de fois plus petit qu’une pointe d’aiguille. Avouons que c’est invraisemblable.
C’est ici qu’intervient le génial Gamow : si vraiment notre univers est issu d’une telle formidable explosion, on devrait pouvoir encore trouver des traces de cette explosion dans notre univers d’aujourd’hui. Gamow et le célèbre américain Fred Hoyle (qui refusait obstinément de croire au Big Bang) s’engagent dans une lutte épique sur le sujet. Si Gamow a raison, la théorie du Big Bang tient la route. Autrement, le Big Bang n’est que le produit de l’imagination délirante des astrophysiciens. Mais comment Gamow peut-il trouver, dans l'immense univers d'aujourd'hui, les traces infiniment affaibllies d'une explosion survenue il y a plus de quatorze milliards d'années? N’y pensons même pas.
Un de ces quatre matins, deux ingénieurs, que la compagnie Bell avait engagés pour retrouver la trace d’un satellite de communication que la NASA avait lancé dans l’espace et qu’on n’arrivait plus à retrouver, se mirent à la tâche. Alors nos deux bonhommes, Arno Penzias et Robert Wilson, construisirent une énorme antenne dans l’espoir de capter les signaux du satellite égaré dans l’espace. Ils étaient bien agacés car ils captaient sur leur antenne de la «friture» qui brouillait les signaux du satellite qu’ils recherchaient. Ils crurent que ces grésillements provenaient des signaux de postes de radio environnants ou même de fientes de pigeons ou de quelque autre saloperie. Ils nettoyèrent leur antenne à fond et firent toutes les vérifications possibles. Rien à faire : l’agaçante friture leur vrillait les oreilles. Et, chose étrange, le grésillement était constant, sans aucune variation. La chose les intriguait au plus haut point.
Dans l’intervalle, un groupe de scientifiques dirigé par le physicien américain Robert Dicke s’était, de son côté, attelé à la tâche de découvrir des traces du Big Bang qui devaient encore persister dans l’univers d’aujourd’hui suivant l’intuition de Gamow. Ces chercheurs eurent vent de l’étrange grésillement que Penzias et Wilson captaient sur leur antenne et comprirent vite qu’il s’agissait là du faible rayonnement fossile qui venait de la nuit des temps : du Big Bang.
Alors, non, définitivement non : la création de l’Univers n’est pas survenue le 23 octobre de l’an 4004 AC à 9 heures du matin comme le prétendait l’un des imitateurs de l’archevêque James Ussher ainsi que nous l’avons vu précédemment au chapitre 3.
- Non mais ça va pas la tête, ces grands cocos qui veulent nous enfourner dans le crâne leur folle histoire de Big Bang, m’a lancé mon petit bonhomme l’air plus buté que jamais.
- Attends, lui ai-je dit, la suite de l’histoire : la création de la terre et l’apparition de l’homme. Pour l’instant, dormons un peu là-dessus. Nous reprendrons l’histoire demain matin.
[i] À se faire geler les couilles car on n’avait pas encore ces confortables labos où les astronomes d’aujourd’hui peuvent à loisir et bien au chaud examiner les astres sur les écrans de leurs ordinateurs.
[ii] Et même de leurs chaires pour tous ces grands professeurs qui dispensaient leur savoir dans les universités.
dimanche 6 mars 2011
D'Adam à Darwin
N’allez pas croire que, malgré sa déconfiture qui l’a fait dégringoler jusqu’à la dernière et unique marche de son échelle, notre petit homme allait abandonner la partie. Nombril de l’Univers ou pas, il demeurait l’enfant chéri du Dieu qui, du geste tout-puissant de sa main, l’avait créé tout rond, comme le représente si bien le peintre Raphaël, puis l’avait nommé Adam, et l’avait installé au milieu d’un paradis époustouflant de beauté.
Mais Ève avait une nature taquine et aimait bien se faire courir après par son homme. Alors, un beau jour d’automne, alors que tous les pommiers regorgeaient de fruits, elle décrocha une pomme et, jetant un coup d’œil provocateur à Adam, elle partit en courant dans le verger. «Ah bien, ma p’tite vlimeuse»[i], cria Adam en sautant sur ses jambes. Ils coururent comme ça un bon moment au milieu des pommiers jusqu’à ce qu’Adam l’attrape par sa petite culotte et qu’ils tourneboulent tous deux jusqu’à se retrouver dans les bras l’un de l’autre. Ève avait déjà la moitié de la pomme entre les dents et, en riant, Adam enfourna l’autre moitié dans sa bouche puis, d’un même geste rieur, ils croquèrent la pomme…CATASTROPHE ! MALHEUR DE MALHEUR ! Le Vieux, là-haut n’entendait pas à rire. Vous connaissez la suite, n’est-ce pas, de cet innocent petit jeu amoureux.
- Mais, s’Il l’aime tant, pourquoi alors l’a-t-il chassé de son paradis ?
- C’est parce qu’il avait commis le péché originel et lui avait ainsi désobéi, faut-il que je vous le répète cent fois ?
- Mais pourquoi faut-il que nous portions encore le fardeau de cet insignifiant petit péché après tous ces innombrables millénaires ?
- Parce que le péché originel est une maladie héréditaire.
- Héréditaire ? Comment ça ?
- Parce qu’elle se transmet de génération en génération par la copulation. On ne peut pas y échapper. C’est Saint Augustin lui-même qui l’a dit.
N’est-ce pas merveilleux ? N’est-ce pas encore plus merveilleux et plus crédible, vu le support apporté par nos grands savants à la théorie de l’évolution, que la jolie fable racontée dans la Bible ?
N’es-tu pas émerveillé à la pensée que toi, petit bonhomme, et tous les humains de la Terre sont des descendants des magnifiques étoiles qui illuminent nos nuits ?
Après être resté songeur un long moment, le petit bonhomme s’est soulevé du dernier échelon auquel il s’accrochait désespérément depuis si longtemps et, d’un vigoureux coup de pied, a complètement démoli ce qui restait de sa pauvre échelle. Puis, il a levé vers moi un regard interrogateur.
[i] Coquine, en langage québécois (preuve que le paradis était au Québec… et le demeure).
[ii] Certains prétendent que ce fut plutôt le 26 octobre…à 9 heures du matin.
[iii] Ce qui entraîna les cris horrifiés de la bonne société anglaise victorienne : «Descendre du singe? Espérons que ce n’est pas vrai. Et si cela l’est, prions pour que ça ne s’ébruite pas» (Pierre Yves Morvan).
samedi 22 janvier 2011
De Galilée à Hubble
Touristes de l’Univers (suite)
Précisons ici que je ne suis ni historien, ni homme de science mais que les propos que je tiens dans cette rubrique sont inspirés de grands esprits scientifiques tels que Galilée, Newton, Einstein, Trinh Xuan Thuan, George Smoot, Hubert Reeves et maints autres (ce qui n’exclut pas quelques déraillements de ma part). Poursuivons donc cette odyssée de l’homme dans sa quête de compréhension de l’Univers.
Les notes (1), (2), etc. réfèrent à la toute fin du texte.
Chapitre 2. De Galilée à Hubble
Dans le chapitre 1, nous avons vu l’homme primitif vivre dans un Univers animiste où tous les êtres et toutes les choses étaient dotés d’un esprit au même titre que lui-même. Puis, il y a environ 10 000 ans, l’homme remplaça son Univers animiste par un Univers mythologique où des dieux multiples régissaient tout dans cet Univers. Puis, leur succéda le Dieu unique du Moyen Âge (hérité du Judaïsme et de l’Islamisme) qui aurait dicté les Saintes Écritures contenant l’explication de tous les mystères de l’Univers. On concevait dès lors que Dieu avait juché l’homme au sommet d’une échelle plantée sur la Terre, elle-même au centre de l’Univers. Et voilà, tout était dit. Il ne restait plus qu’à lire la Bible et à vénérer ce Dieu tout-puissant qui réglait tout l’Univers.
Au plan scientifique, depuis l’Antiquité et jusqu’au Moyen Âge, on voyait la voûte céleste comme une sphère surplombant la Terre et sur laquelle étaient greffées les étoiles et les planètes. Ces astres étaient tous sur un même plan et tournaient autour de la Terre immobile au centre de cette sphère extérieure.
La chose se comprend car, lorsque encore de nos jours, on contemple le ciel, on a vraiment l’illusion d’être immobile au milieu d’un vaste carrousel.
Lorsque Copernic et Galilée osèrent prétendre que la Terre n’était pas au centre de l’Univers, ils contredirent donc non seulement les Saintes Écritures mais aussi les conceptions de l’Univers qui prévalaient à l’époque.
Expansion de la pensée scientifique
Il ne faut pas croire que les avancées de Copernic et Galilée furent des mouvements isolés. Le mouvement culturel et artistique de la Renaissance, qui s’étendit environ du XIVe siècle au début du XVIIe siècle, avait déjà commencé à faire redécouvrir les philosophes de l’Antiquité et à remettre en question les conceptions rigides du Moyen Âge. L’évolution de la pensée s’étendit au monde scientifique et c’est ainsi que, au XVIe siècle, l’astronome danois Tycho Brahe établit que les étoiles se déplacent et que les cieux ne sont pas immuables, contrairement aux dires d’Aristote. Il établit aussi que la grande comète de 1577 avait une orbite elliptique et non circulaire, ébranlant ainsi un autre "dogme" d’Aristote de la soi-disant perfection des cieux voulant que tous les mouvements des astres soient circulaires. Puis l’astronome allemand, Johannes Kepler que Tycho Brahe avait engagé comme assistant, énonça les lois qui gouvernent le mouvement des planètes et dont la NASA se sert encore aujourd’hui pour combiner les rendez-vous de ses sondes spatiales avec la lune et les planètes. Mais qu’est-ce qui retenait les planètes dans les cieux ? Mystère pour le moment.
C’est l’Anglais Isaac Newton qui, vers 1666, trouva réponse à ce mystère en énonçant la loi de la gravitation universelle trouvant ainsi solution à l’énigme des planètes qui demeuraient en suspens dans les cieux sans pivoter sur les sphères cristallines imaginées par Eudoxe et Aristote et sans être poussées par les anges de Thomas d’Aquin. En gros, disons que cette loi de la gravitation veut que tous les corps s’attirent les uns les autres en fonction de leurs masses et de leurs distances. Plus ils sont massifs et rapprochés, plus ils s’attirent. Moins ils sont massifs et rapprochés, moins ils s’attirent. Une espèce de jeu d’équilibre qui, au niveau des astres, les fait se voisiner sans s’écraser les uns sur les autres, du moins généralement. Mais pourquoi en est-il ainsi ? C’est Einstein qui, trois siècles plus tard, apportera réponse à cette question. Nous y reviendrons.
Prévalence de la raison
Toutes ces découvertes sur le fonctionnement de l’univers eurent pour résultat qu’on se mit à croire que la raison humaine pouvait, en fin de compte, tout expliquer, sans que l’on ait à recourir à des divinités.
Au XVIIIe siècle, on entra ainsi dans l’ère du rationalisme qui, comme le définit le dictionnaire est «une tournure d’esprit qui n’accorde de valeur qu’à la raison». Donc rejet de toute intervention divine et, particulièrement, des Saintes Écritures, pour expliquer le fonctionnement de l’Univers. La science était considérée comme quasi-infaillible, comme capable de vaincre toutes les misères et maladies qui assaillaient l'humanité depuis toujours, comme capable de répondre à toutes les questions et en particulier aux questions philosophiques : Où sommes nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Pourquoi sommes-nous sur Terre ? (C. Marchal). (1) «Plus besoin de Dieu pour faire tourner la machine. Il suffisait que Dieu donne la pichenette de départ et tout fonctionnait tout seul.» (2)
Et, du même coup, entrée en scène du déterminisme : un principe qui, en somme, permet de prédire avec certitude les résultats d’une situation si on connaît à l’avance tous les «ingrédients» du problème. On se disait donc, par exemple, que si une pierre était jetée en l’air il suffisait de connaître sa position et sa vitesse initiales pour prédire à quel instant, où et à quelle vitesse elle allait tomber.
Donc, le XVIIIe siècle connut ainsi le triomphe de la raison. (3)
L’explication de l’Univers par la raison
Cette ouverture d’esprit sur la raison et la science s’étendirent évidemment de plus en plus à la vision de l’Univers.
Au XVIIIe siècle, sir William Herschel établit que le Soleil et tout notre système solaire font partie d’un immense troupeau d’étoiles, une galaxie (depuis lors appelée «Voie Lactée»). Tiens, tiens, tiens, le Soleil et son troupeau de comètes demeurent-ils alors au centre de ce troupeau (en supposant que ce soit vraiment le Soleil qui tourne autour de la Terre comme le soutenaient Copernic, Galilée et leurs successeurs) ? Mais oui, répondent en chœur les bâtisseurs de l’échelle qui avaient juché l’homme au plus haut échelon de cette échelle, car rien n’empêche alors de laisser l’homme au centre de l’Univers.
Mais, en 1918, Harlow Shapley détruit cette nouvelle illusion en délogeant le soleil de cette place centrale pour l’installer dans la banlieue de la Voie lactée. Nos bonshommes n’aiment pas l’idée : ils dégringolent de plusieurs échelons sur leur échelle déjà chambranlante.
À ce moment, on s’imagine que la Voie lactée constitue tout l’univers : notre galaxie devient une grosse goutte d’étoiles au milieu d’un océan de vide et il est quand même rassurant de se dire que l’homme est intégré à cette grosse goutte qui constitue tout l’Univers.
Mais voilà que, en 1924…
À l’aide du télescope du Mont Wilson en Californie, Edwin Hubble établit qu’il existe d’autres galaxies en dehors de la Voie Lactée. Dès lors, notre soi-disant immense galaxie ne devient à son tour qu’une goutte parmi une multitude d’autres gouttes contenant chacune une infinité d’étoiles. Pour nos vaillants défenseurs de la suprématie de l’Homme au sein de l’Univers, c’est la dégringolade : ils se retrouvent le cul sur la première et unique marche de leur échelle presqu’entièrement démolie.
Comment s’en tireront-ils ? C’est ce que nous verrons au prochain chapitre.
(1) Sans oublier cette ultime question philosophique que pose Woody Allen : «Qu’allons-nous manger au souper ce soir?»
(2) Trinh Xuan Thuan «La mélodie secrète» Éd. Gallimard 1991
(3) Et voilà que notre petit bout de cul se trouve une nouvelle échelle pour dominer le monde.
Mais n’oublions pas que cette nouvelle échelle fut à son tour durement ébranlée par la mécanique quantique dont vous trouverez la référence sous la rubrique «La physique pour le nuls» (Capsule de physique No 3) du 4 novembre 2010.
vendredi 21 janvier 2011
De l'homme primitif à Galilée
Il me prend souvent une folle envie de crier au monde entier les merveilles et mystères de l’Univers et aussi de vous raconter ce que je comprends de ma présence sur la Terre, ce petit grain de sable errant au milieu de cet immense Univers. Pas ma faute, je suis né avec une âme de missionnaire.
Pour moi, discourir sur l’Univers c’est donc raconter l’histoire de l’Univers tel que perçu par l’homme au cours des millénaires et c’est aussi raconter l’histoire de l’homme lui-même tel qu’il s’est perçu et se perçoit encore dans cet Univers.
Avant de s’attaquer à l’immensité des cieux, commençons donc par là, si vous le voulez bien.
(Les chiffres 1,2,3, etc. réfèrent à des notes à la fin du texte)
Chap. I. De l’homme primitif jusqu’à Galilée
L’animisme
Lorsque la conscience a lentement émergé dans l’esprit de l’homme primitif, celui-ci a dès lors su porter un regard global sur son environnement. Il a alors cru que tous les êtres et toutes les choses étaient habités d’un esprit, au même titre que lui-même : l’arbre qui lui prodiguait ses fruits, l’animal qu’il chassait, le feu qui le réchauffait. Il remerciait l’arbre et le feu pour leur générosité et s’excusait auprès de l’animal qu’il abattait. Tout avait une «âme». C’était un monde «animiste» [1].
Tous étaient donc égaux dans ce monde primitif [2]. Et lui, l’homme, était au centre de ce monde merveilleux. Il lui suffisait de lever les yeux pour voir le soleil, la lune et les étoiles tourner au-dessus de sa tête pour comprendre qu’il était au beau milieu. Pour peu qu’il s’en donnât la peine, il avait tout à portée de main pour se nourrir dans les territoires giboyeux qu’il habitait. Son supermarché là, droit devant la porte. Il lui fallait quand même être un peu prudent car, à cet égard, les tigres et autres prédateurs voyaient les choses de la même façon et, pour ces bêtes, l’homme lui-même était sur les étalages.
Éveil de la conscience
La mythologie
Mais bientôt l’homme se mit à s’interroger sur les séismes, les volcans, les tornades, les inondations et tous ces multiples cataclysmes. Alors il se mit à penser qu’il devait bien y avoir quelque part des esprits plus puissants que le sien et que celui des bêtes et des choses qui l’entouraient. Alors il inventa des dieux. Une multitude de dieux auxquels, bien entendu, il prêta ses propres sentiments et conféra une hiérarchie. C’est Voltaire, n’est-ce pas, qui a dit «Dieu a fait l’homme à son image mais l’homme le lui a bien rendu» [3]. Comme ces dieux étaient très puissants et parfois coléreux et, qu’au surplus, ils ne se gênaient pas pour intervenir dans les affaires des hommes, alors il fallait les traiter avec respect, leur offrir des cadeaux. L’homme alla jusqu’à bâtir d’immenses temples en leur honneur [4]. Mais, pour entrer en contact avec eux, il fallait de grands embassadeurs. Alors l'homme nomma des grands prêtres. Ce fut, on le sait, l'ère mythologique. Parlez en à Ulysse, ce héros légendaire du grand poète Homère. Il vous dira les rôles importants qu'ont joués les dieux pour le ramener dans son royaume d'Ithaque auprès de sa bien-aimée Pénélope.
Le miracle grec
Environ six siècles AC, les Milésiens s’étaient mis à chercher des explications naturelles aux mystères de l’Univers. Leurs explications nous font sourire aujourd’hui par leur simplisme[5]. Mais il n’en demeure pas moins qu’ils tentaient de trouver en dehors des dieux et dans la nature elle-même l’explication de ses mystères. Ces philosophes de la nature (Thalès, Anaximandre, Anaximène, etc.) ont ainsi inventé la science moderne, c’est-à-dire la science basée sur l’observation, à laquelle on ne reviendra que plusieurs siècles plus tard avec de grands esprits comme Galilée.
Les Milésiens tentèrent également «de savoir de quoi est fait le monde, en faisant l’hypothèse géniale que tout ce qui existe dérive d’une façon ou d’une autre d’une unique substance primordiale. Thalès imaginera par exemple que le monde est fait d’eau…l’eau qui s’évapore donne l’air, l’air vital qui emplit nos poumons, l’eau crée la terre nourricière, puisque lorsqu’elle se retire après la pluie, il reste le limon fertile ; l’eau transforme une terre stérile en un jardin, couvert de fleurs et de miel»[6]. Chacun de ces grands esprits milésiens tentera à sa façon de trouver cette unique substance primordiale.
Les philosophes qui leur succédèrent, tels Pythagore, Platon, Aristote et Cie, recherchaient des principes immatériels pour expliquer les mystères de l’Univers. Par exemple, chez Pythagore, il existait, au-delà des sens, une autre réalité, de nature spirituelle : ce fut le monde des âmes qui se réincarnaient. Chez Platon, ce fut le monde des idées : un monde surnaturel parfait dont notre pauvre monde terrestre n’était que le pâle reflet. C’est ainsi que ces philosophes inventèrent de nouvelles approches basées sur leurs réflexions (et non plus sur l’observation de la matière comme le faisaient les Milésiens).
Beaucoup plus tard, Descartes les suivit dans cette voie, se tournant vers la raison pure, plutôt que vers l’observation, pour débusquer la vérité [7].
On parle du miracle grec en se référant à cette période car il faut bien voir que c’était là une véritable révolution culturelle : on était en train de dire aux gens, qui priaient les dieux et à qui on offrait des sacrifices, que ces dieux qui contrôlaient prétendument les forces de la nature n’existaient pas et que c’était dans l’observation de la nature elle-même ou dans la réflexion philosophique qu’il fallait chercher l’explication des mystères de l’Univers.
L’empire romain créa sa propre mythologie et hérita aussi de la culture grecque mais, avec la chute de cet empire et les invasions barbares, la culture grecque émigra en Perse et se perdit dans la nuit des temps (pour n’être redécouverte que plusieurs siècles plus tard au moment de la Renaissance).
Il faut dire que, de leur côté, les Babyloniens avaient une bonne connaissance du mouvement des astres mais ne s’en servaient que pour tirer des oracles [8], sans pour autant remettre en question l’intervention des dieux dans la mécanique céleste.
Le monothéisme
Le bon peuple était imperméable à la pensée des grands philosophes grecs et tenait beaucoup à ses dieux. Mais peut-être est-ce à cause du discrédit des multiples dieux des mythologies grecques et romaines ou peut-être à cause des nouveaux courants de pensée apportés par le christianisme, le monde occidental substitua un Dieu unique à ces multiples dieux. Dès lors, l’Ancien et le Nouveau Testament firent foi de tout. A quoi bon chercher des réponses à gauche et à droite aux mystères de l’Univers alors que tout était dit dans la Bible. La pensée des grands philosophes grecs comme Platon et Aristote ne servit plus dès lors qu’à servir de support aux raisonnements théologiques de Saint-Augustin et de Saint Thomas d’Aquin [9].
Au Moyen Âge, la réflexion sur l’Univers stagne et on en revient même à dire que la terre est plate puisque les Saintes Écritures suggèrent qu’elle aurait quatre coins et qu’on y trouverait des montagnes du haut desquelles on peut voir tous les royaumes de la Terre. Celle-ci est au centre de l’Univers (géocentrisme) et tous les astres gravitent autour d’elle. Les étoiles, pour leur part, sont figées dans leurs positions respectives, comme le pensait Aristote 300 ans avant Jésus-Christ. L’homme est l’enfant chéri de Dieu. Il est au sommet d’une échelle plantée au centre de l’Univers où Dieu l’a juché. Et voilà, tout est clair : c’est ainsi que fonctionne l’Univers. À bas ces esprits tordus qui cherchent des explications en dehors des Saintes Écritures.
(L’homme de Pentacle)
L’homme se croyait le centre de l’Univers
Le premier coup de pied dans l’échelle a été donné près de deux mille ans plus tard par un moine polonais: Nicolas Copernic. Il a timidement avancé l’hypothèse que c’était le Soleil qui était au centre de l’Univers (héliocentrisme) et que la Terre tournait autour du Soleil et non l’inverse. C’était au temps de la Sainte Inquisition et malheur à celui qui osait contredire les Saintes Écritures : il risquait de finir ses jours sur le bûcher. Or il est dit dans la Bible (livre de l’Exode et livre de Josué) que, à l’approche de la nuit, Josué arrêta le Soleil pour anéantir totalement ses ennemis amorites avant la noirceur. Si donc Josué a arrêté le Soleil c’est donc bien là la preuve irréfutable que c’est le Soleil qui bougeait et non la Terre. Copernic a toutefois eu la prudence de ne publier ses écrits qu’à la veille de sa mort. Et, au surplus, il présenta ses vues comme purement théoriques et ne reflétant pas nécessairement la réalité.
Mais, peu de temps après, au XVIIe siècle, Galilée reprit la thèse de Copernic mais en la claironnant à tous vents. Il faut dire que Galilée avait mis la main sur une lunette astronomique, qu’il l’avait bricolée pour la rendre plus performante et avait découvert, en scrutant Jupiter, que des lunes circulaient autour de cette planète. Ce qui lui fit dire que les astres du ciel ne tournaient pas tous nécessairement autour de la Terre. On sait le sort qui attendit Galilée : il dut se rétracter devant le tribunal de l’Inquisition et fut condamné à résidence pour le reste de ses jours. Son contemporain, Giordano Bruno, qui adhèra aux vues de Copernic et alla même jusqu’à prétendre qu’il n’y a aucun astre au milieu de l’univers, fut moins chanceux : on le fit cuire sur le bûcher[10].
Toutefois, le monde scientifique, particulièrement avec de grands noms comme ceux de Kepler et Newton, ne tarda pas à se ranger derrière la thèse de l’héliocentrisme de Copernic et Galilée. Le coup de pied de Copernic avait peu ébranlé l’échelle que l’homme s’était érigée car, comme on l’a vu, Copernic a eu la sagesse de présenter ses vues comme purement théoriques et de trépasser immédiatement après leur publication. Mais le coup de pied de Galilée fut beaucoup plus vigoureux et fut suivi de plusieurs autres coups de sorte que le pied de l’échelle s’arracha et l’homme descendit d’un cran. Même l’Église, après maintes hésitations, finit par réhabiliter Galilée le 31 octobre 1992 par la voix de Jean-Paul II.[11] Il faut dire que, à ce moment-là, l’échelle était déjà salement amochée.
La percée de Copernic et Galilée ne fut qu’un préambule sur le chemin de la connaissance de l’Univers. Attendez un peu de voir les suites spectaculaires de cette première percée et particulièrement les découvertes du XXe siècle qui flanquèrent de grands coups de pied dans l’échelle que l’homme s’était érigée au Moyen Âge. Dans les prochains chapitres, l’homme ira de surprises en surprises dans la découverte de son Univers et, en fin de compte, dans sa découverte de lui-même.
J’espère bien que vous aurez le goût de me suivre dans cette palpitante et exaltante aventure.
Histoire à suivre…
La fable du petit homme
C’était un petit homme
Qui se croyait grand
Un grand livre le disait
Le nombril du monde
Il n’était rien de moins
Qu’issu de la cuisse
De son Dieu Jupiter
Et ce directement
Et qu’il était au beau milieu
De l’immense Univers
Qui roulait autour de sa tête
Et dont il était le maître
Alors pour bien montrer
Son ascendance céleste
Il bâtit une échelle
Pour grimper jusqu’au ciel
Il resta juché là un bon moment
Jusqu’au jour où un quidam
Pour jauger le perchoir
Y flanqua un coup de pied
Qui le fit vaciller
Puis d’autres coups s’ajoutèrent
Jusqu’au jour où le petit homme
Se retrouva cul par terre
Gros-Jean comme devant
[1] Du latin anima, qui signifie âme. Évidemment, notre homme ne savait pas qu’il était «animiste» car il ne connaissait pas le latin.
[2] Karl Marx aurait fait un tabac dans ce monde-ultra-communiste qui, encore là, ne savait pas qu'il était communiste. Pas étonnant car l'homme n'avait pas encore appris à fabriquer la faucille et le marteau.
[3] Ça non plus, l’homme primitif ne le savait pas car il n’avait pas lu Voltaire. Décidément nos ancêtres avaient une culture bien limitée.
[4] Cette pratique se perpétue encore de nos jours comme on le sait. À Montréal, par exemple, on a l’Oratoire Saint-Joseph érigée sous l’impulsion du Saint Frère André récemment canonisé.
[5] Ainsi, Anaximandre imaginait d’immenses roues remplies de feu et tournant autour de la terre, les étoiles étant des trous dans les gaines de ces roues qui laissaient ainsi voir le feu à l’intérieur.
[6] Pierre Yves Morvan «Dieu est-il un gaucher qui joue aux dés ?» Éd L’Harmattan 2002
[7] Curieusement, le grand Einstein optera aussi pour cette méthode en faisant ses grandes découvertes uniquement par des élucubrations mentales et non par des observations.
[8] Ils ont eu d’ailleurs, comme on le sait, d’illustres successeurs comme Nostradamus et Jojo Savard.
[9] Ce dernier était très avant-gardiste dans ses théories sur l’Univers : précurseur des hélicoptères, il imagina que les planètes étaient mues par les battements d’ailes des anges.
[10] Malheureusement pour lui, on n’avait pas encore inventé les ultra modernes chambres à gaz. Comme on le voit, les «bien cuits» étaient néanmoins à la mode au temps de la Sainte Inquisition. Ils n’avaient peut-être pas le côté festif de ceux d’aujourd’hui mais ils attiraient quand même de grandes foules.
[11] On voit ici avec quelle rapidité l’Église sait agir : seulement trois petits siècles et oups, nous voilà !



