dimanche 8 mai 2011

Escale poétique



Concert nocturne


Entre chien et loup
sur un nénuphar
trois grenouilles chantonnent


Dix lucioles
éclairent la scène
de leur sarabande


Sur son croissant de lune
Pierrot intrigué
décroise les jambes

Tous deux côte à côte
ta main dans mon cou
fait frémir mes orteils



Extase


Elle s'aéroplane
lourdement
sur mon tarmac


Se balise
voluptueusement
sur ma bouée


J'irrigue ses larges terres
et les rend fertiles
Bénissons le Seigneur



La balle perdue


Le trou minuscule
de la balle perdue
dans le front étonné



Souvenirs


Le sifflement du train
dans le matin gris


le ruisseau turbulent
de la fonte des neiges


font surgir en moi
des souvenirs fugaces


de moments heureux
que je n'ai pas vécus



Brunante


Mes bottes cloutées
martèlent le pavé
en route pour l'horizon


Un arbre dénudé
tend vers le ciel
ses bras implorants


Seul dans ma nuit
en quête d'espérance


Sous la neige


Nuit de froid silence
les clous de ma toiture
pètent sec


Matin de froid polaire
la neige sous le pas
se lamente en couinant


Lendemain de tempête
lampadaires étonnés
sous leurs chapeaux de neige




Nuit d'été


La clameur des étoiles
fait vibrer
ma pupille

Mille grillons
font grincer leurs crincrins
monotones


Et toi sur mes genoux
tu te colles
à mon cou



Deux enfants


Deux enfants sur la rive
arrêtent de jouer
pour regarder passer
un vieux billot sur l'eau


Aube


Aux aurores pieds nus
et foulant la rosée
elle se rend au fleuve

Un cargo sous ses yeux
déchire l'onde
de son étrave


Le soleil glorieux
dilate ses yeux
elle vivra mille ans

3 commentaires:

Unknown a dit…

Merci Oncle jean, c'est très beau.

René

ARMELLE a dit…

Cher Jean,
Bien agréable dérive qui nous donne à voir une autre facette de vous, que je connais déjà grâce au livre, qui se trouve juste au-dessus de ma tête dans mon petit bureau, "Les nouveaux Gulliver". Livre qui vous embarque pour un sacré voyage. On y côtoie déjà les étoiles, et s'il n'y avait que les étoiles...Mais on y croise aussi Homère, Aristote, Socrate, on y fait escale dans l'infiniment grand, on y écoute du Paganini et on chante avec Félix Leclerc :
" Demain si la mer est docile
Je partirai de grand matin
J'irai chercher une île
Celle que tu montres avec ta
main."
Vos dérives sont formidables et on y perd jamais le nord.

ARMELLE a dit…

Des dérives poétiques bien agréables à lire, cher Jean. Je connaissais déjà vos talents de poète, auxquels s'ajoute une lueur de malice, après avoir lu l'ouvrage que vous m'aviez si gentiment dédicacé : "Les nouveaux Gulliver". On y voyage en fort bonne compagnie, la vôtre, mais également avec Socrate et Aristote,on s'y égare même un moment dans l'infiniment petit avant de rejoindre l'infiniment grand, d'écouter quelques notes de Paganini et de relire ces phrases du chanteur Québécois Félix Leclerc:
Demain si la mer est docile
Je partirai de grand matin
J'irai chercher une île
Celle que tu montres avec ta main.